Des ressources documentaires….et après ?

Les préventeurs francophones ne pourront pas dire qu’ils manquaient de ressources documentaires. Nous donnons ci-dessous une synthèse de cette pléthore de ressources, scientifiques ou empiriques, avec des liens directs vers les sites des institutions et des revues multidisciplinaires utiles aux préventeurs. En conclusion nous en discutons l’utilité pragmatique.

Tout d’abord, des ressources documentaires incontournables sont référencées par les principales institutions étatiques et para-étatiques dont le cœur de métier est au moins en partie la prévention des risques au travail.

  • En France: Ministère du travail et de l’emploi, INRS, ISTNF, CARSAT, ANACT
  • En Belgique : le Service Public Fédéral Emploi, Travail et Concertation Sociale ainsi que le Service Public Fédéral Santé Publique
  • en Suisse : SUVA, l’Institut Universitaire Romand de Santé au Travail
  • au Québec : L’Institut de Recherche Robert Sauvé en Santé au Travail, l’Institut National de Santé Publique du Québec, la chaire de gestion de la santé et sécurité au travail de l’Université de Laval

Par ailleurs, le site du réseau des documentalistes des services de santé au travail des pays de la Loire publie régulièrement des ressources informationnelles scientifiques et pragmatiques pour les préventeurs. Il faut rendre hommage au travail des auteurs : Beneteau L., Delmas V., Martin K. et Garrivet C. Je vous recommande tout particulièrement le bulletin documentaire mensuel qui reprend l’actualité en santé au travail et oriente vers des sources fiables de savoirs. Je vous recommande aussi l’enrichissante page des sommaires actualisés de 24 revues francophones partiellement ou totalement orientées santé au travail

Toutefois, les auteurs n’ont pas retenu dans le périmètre des revues sélectionnées, les revues de Psychologie du Travail et des Organisations, les principales revues internationales en médecine et santé au travail anglophones par ailleurs, ainsi que les revues traitant plus spécifiquement du genre, du stress et des violences au travail. Vous trouverez les liens vers les ressources cités ci-dessus sur une page spécifique de Laboris Causa intitulée Ressources Documentaires.

En conclusion de ce billet consacré aux ressources documentaires, nous assistons ici comme en contexte général d’informations à une avalanche de propositions de ressources professionnelles. Leur nombre et leur densité dépassent de loin les capacités temporelles disponibles pour en prendre connaissance même dans un champ limité et dans une perspective téléologique précise. L’utilité probable d’un investissement temporel est alors un point clé à trancher aussitôt que possible d’où l’intérêt d’une approche bibliographique autonome en pull par interrogation de banques de données plutôt qu’en push par abonnement à des revues et/ou à des newsletters même si les deux approches ne sont (heureusement) pas incompatibles. Ainsi, au-delà des ressources documentaires disponibles, l’applicabilité des mesures de préventions ne peut faire ni l’économie de leur validité intrinsèque (niveau de preuve), ni l’économie de la levée des contraintes auxquelles doivent faire face les préventeurs tant en interne au sein des services de santé au travail qu’en externe en fonction de la culture de sécurité des entreprises supposées les appliquer et les faire vivre, ni enfin l’économie du jeu des relations entre service de santé au travail, employeurs et représentants des salariés (collaboration, coopétition, confrontation, domination). Une telle analyse tripartite -niveau de preuves, contraintes, relations- n’est pas sans rappeler les modèles décisionnels promus par l’Evidence Based Medicine*….dans laquelle des pistes complémentaires ont été proposées à travers les POEM** (Patient Oriented Evidence that Matter), et la Narrative Based Medicine***. De telles pistes devraient être explorées en santé au travail en gardant à l’esprit qu’il s’agit de remplacer patient par salarié, collectif de travail et organisation ainsi que Médecine par Santé !

Notes : *Médecine factuelle ; ** Synthèse dynamique et critique de l’état de l’art appliquée à une situation particulière permettant de fournir des preuves ayant une valeur discriminante pour l’évolution favorable du patient ; ** Approche compréhensive de cas idiosyncrasiques

Références :

Chabot J-M. (2005). Evaluation & Formation. Paris : Editions Jean-Baptiste Baillière

Manzoli L et al. Evidence-based approach for continuous improvement of occupational health. Epidemiol Prev 2015. Jul-Aug;39(4 Suppl 1):81-85.

Hugenholtz NI, Sluiter JK, van Dijk FJ, Nieuwenhuijsen K. EBM E-learning: Feasible and Effective for Occupational Physicians in Different Countries. Saf Health Work 2012. Sep;3(3):199-208.

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