Accusations d’infractions sexuelles : que pouvons-nous apprendre du bouche-à-oreille électronique ?

Résumé de la publication: Chakroun R., Berge O. et Luu P. (2014), Accusations d’infractions sexuelles: Que pouvons-nous apprendre du bouche-à-oreille électronique sur la confiance des patientes d’un leader d’opinion ?, Journal International de Victimologie, 12, 2, 94-113.


La mise en examen d’un leader d’opinion médical pour infraction sexuelle a généré de nombreuses contributions d’internautes sur les forums. Notre objectif était double : décrire le rationnel et la finalité des échanges, rechercher dans les témoignages les liens existant entre l’expérience antérieure d’interaction des patientes avec le praticien et la confiance qui lui est conférée ainsi que la prise de position en sa faveur ou en sa défaveur. Nous avons réalisé une analyse thématique de contenu de 191 contributions selon les préconisations de Huberman et Miles (1991). Les internautes se présentant comme victimes expriment une valence négative envers la bienveillance et l’intégrité du praticien mais une valence positive envers sa compétence perçue qui n’est pas affectée. Pour les autres internautes, une expérience antérieure de servuction médicale positive v.s. négative est significativement corrélée à la valence positive v.s. négative des trois dimensions de la confiance et favorise la prise de position des internautes en faveur de la défense v.s. l’incrimination du praticien. Nous discutons les conditions de transférabilité des résultats de ce cas idiosyncrasique au regard des travaux sur la confiance envers les praticiens et formulons des recommandations de prévention des violations des frontières éthiques.

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