Violence Info de l’OMS: les violences interpersonnelles ont enfin leur site

Il n’est pas toujours facile de trouver des informations fiables et actualisées sur toutes les formes de violences interpersonnelles.  L’OMS a mis en ligne en octobre 2017 un système d’information global sur  la prévention de la violence ou Info violence qui compile une collection interactive d’informations scientifiques sur la prévalence, les conséquences, les facteurs de risque et la prévention de toutes les formes de violence interpersonnelle. Violence Info couvre ainsi les homicides, la maltraitance des enfants, la violence chez les jeunes, la violence conjugale, la maltraitance des personnes âgées et la violence sexuelle. Avec un traitement graphique clair, autorisant des tris pertinents et des informations synthétiques directement interfacées avec les abstracts des publications disponibles sur PubMed, ce site se révèle être un outil précieux pour tous ceux qui souhaitent accéder à des sources solides sur les problématiques des violences interpersonnelles.

Vous pourrez le consulter sur : http://apps.who.int/violence-info/

Référence : Burrows S. & al. New WHO Violence prevention information system, an interactive knowledge platfrom of scientific findings on violence. Inj Prev. 2018 Jan 20. pii: injuryprev-2017-042694. doi: 10.1136/injuryprev-2017-042694

 

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Europe du sud, sexisme et impacts en santé

Borell C & al. (2010) ont mené en Espagne une grande étude sur 10927 femmes âgées de 20 à 64 ans avec une variable indépendante unique (le sexisme perçu) et 6 variables dépendantes dont quatre pour la santé (santé perçue, santé mentale, hypertension artérielle, blessures et accidents durant les 12 derniers mois), une pour les comportement de santé (tabagisme) et une  pour l’utilisation des services de santé (satisfaction/insatisfaction des  besoins de santé).

Des régressions logistiques avec ajustement sur les variables confondantes ont montré que le sexisme perçu est positivement corrélé avec un mauvais état de santé perçue, avec un mauvais état de santé psychique, avec les accidents et blessures durant les 12 derniers mois et avec le tabagisme. La force de ces associations est d’autant plus importante que le score de sexisme est élevé.

Cette étude devrait d’autant plus nous interpeller qu’elle est réalisée en Europe du Sud au plus proche de la France et qu’on ne peut lui opposer des spécificités anglo-saxonnes ou scandinaves pour en réduire la portée. Les auteurs évoquent les pays du sud de l’Europe à forte tradition patriarcale mais seraient-ils les seuls concernés ?

Référence : Borrel C. et al. Perceived sexism as a health determinant in Spain. J. Womens Health  2010 ; 19(4):741-50.